Innover dans le learning : comment utiliser les formateurs virtuels intelligents ?

Écrit par Olivier Heim
04.04.2024
    I.A générativeExploration

Dans la première partie de notre dossier « Optimiser l’apprentissage professionnel grâce à l’I.A et aux avatars 3D », nous avons fait le tour d’horizon des technologies du learning. Cette synthèse nous a amené à constater qu’il était possible de dépasser les limites de l’apprentissage peer to peer grâce au formateur virtuel interactif, savant mélange d’I.A et d’avatars 3D.

Dans ce second article, je rentre dans le vif du sujet de cette innovation. Pour mieux vous présenter les atouts de ce média, je vous propose de répondre aux questions que l’on nous pose souvent quand on veut créer son formateur virtuel. 

1. Pourquoi utiliser un avatar et pas une vidéo ?

C’est interactif : on lui parle et il nous répond ! 

En effet, ce sont deux approches technologiques différentes. La vidéo est un média passif, on ne fait rien, “on capte” l’information et c’est tout.  L’avatar offre une approche active via un échange similaire au réel. 

Selon moi, c’est le meilleur proxy pour incarner un vrai formateur. En plus, on peut lui donner les caractéristiques physiques et intellectuelles que l’on veut. Et c’est très important. 

Si vous souhaitez former à la vente d’offre télécom ou enseigner la mécanique, vous n’aurez pas le même avatar.  

C’est un dérivé de l’effet Proteus. Vous connaissez ?

Introduit pour la première fois par les chercheurs Nick Yee et Jeremy Bailenson de l’Université de Stanford en juin 2007, l’effet Proteus décrit un phénomène dans lequel le comportement d’un individu, au sein de mondes virtuels, est modifié par les caractéristiques de son avatar.

Donc, on apprend mieux avec un formateur virtuel aligné thématiquement. Par Exemple, si je veux apprendre la physique, l’apprentissage sera plus performant avec l’avatar d’Einstein comme professeur. 

Ce sujet fait l’objet de nombreuses thèses, notamment au laboratoire des Arts et Métiers, AMVALOR, spécialisé dans la transmission des savoir-faire.

2. Pourquoi l’IA générative dans le learning c’est cool ?

Jusqu’à présent, créer des personnages virtuels « intelligents » et ne récitant pas les mêmes dialogues à l’infini était mission impossible. Cela impliquait de créer des arbres de dialogues et de choix infinis. 

Donc impossible d’avoir des vrais dialogues avec un formateur virtuel et donc, par exemple dans le cadre d’une formation soft skills, impossible d’effectuer de la mise en situation avec des personnages virtuels. En 2021, le seul moyen qui avait été trouvé était de créer une application de réalité virtuelle avec plusieurs “joueurs” (multijoueur) et qu’un vrai formateur incarne les personnages de “jeu de rôle”. Encore un problème de scalabilité. 

Depuis l’avènement de l’IA générative tel que ChatGPT fin 2022, le contexte technologique a complètement changé et a ouvert un champ des possibles incroyable en offrant la possibilité de :

  • Créer un contexte à une infinité de personnages : un passé, une histoire, un territoire…
  • “Former” sur un process métier particulier…
  • Générer des scénarios. L’avatar peut incarner un client mécontent qui vient se plaindre du service de l’entreprise ou toute autre situation.

Et il est possible de varier les personnalités et les scénarios pour des mises en situation dont la seule limite est votre imagination. 

Mais pour cela, il faut créer le bon avatar pour sa formation.

3. Comment créer le bon avatar pour sa formation ?

Pour créer un bon avatar, il y a 2 éléments cruciaux à aborder. Son apparence physique et ses compétences “intellectuelles”.

Point d’attention : l’avatar ne créer pas de savoir, il le retranscrit à partir de contenu donné. 

Focus sur l’apparence “physique” de mon avatar  

Vous l’avez compris, l’apparence d’un avatar n’est pas à prendre à la légère pour offrir une expérience concluante. 

De plus, il faut une vraie expertise 3D. Bien que maîtrisée par un grand nombre d’experts issus du jeu-vidéo (et non de l’animation !!!), il faut faire attention et partir des bons postulats pour éviter un coût exponentiel. 

Pour bien définir ce dont on a besoin comme avatar pour sa formation, il y a plusieurs questions à se poser. 

On commence par définir le cadre d’utilisation de cet avatar avec des questions comme : 

  • Qui est la cible d’apprentissage ? GenZ, cadre, commerciaux, etc.
  • Quel est le sujet de la formation ? Commerciale, technique etc. 
  • L’environnement dans lequel il interagit : bureau, boutique etc. 

Ces questions sont généralement approfondies lors d’un atelier de cadrage et de “chara design” (conception de personnage) avec votre prestataire. 

Une fois ces éléments analysés, il faut s’attaquer à la Direction Artistique ou D.A. En effet, dans la modélisation 3D, il y a 3 grandes familles de D.A : 

  1. le cartoon 
  2. le semi-réaliste 
  3. le réaliste

Les degrés de réalisme pour le design de votre avatar @6freedom

Chacun de ces choix a des avantages et des inconvénients.

Le plus complexe et donc le plus onéreux, est l’avatar réaliste, car il demande beaucoup de travail et peu rapidement amener à une « Uncanny Valley » ou “Vallée de l’étrange”. 

Inventée par le roboticien Masahiro Mori lors de son travail sur des robots humanoïdes, l’Uncanny Valley, stipule que plus une création à forme humaine tend vers la réalité, plus notre cerveau va percevoir les différences et les souligner comme “monstrueuses”.  En effet, notre perception de la réalité prend en compte une telle multitude de données comme la lumière, le grain de peau, la fluidité des cheveux, qu’il est souvent très difficile de tout reproduire. 

Pour pallier cet effet, soit il faut débourser des sommes conséquentes pour des technologies dernier cri, soit on préfèrera une D.A moins réaliste qui paraîtra plus naturelle. 

Une fois cela définit, il est important de se pencher sur l’intelligence de son avatar.

Focus sur l’intelligence de mon avatar  

Une fois la D.A et le Chara Design définit, il faut s’attaquer à l’intelligence de son avatar. 

Celle-ci va dépendre du prompt que vous soumettrez à l’I.A générative sélectionnée. Un atelier sur le prompt engineering animé par un professionnel sera une grande aide pour un bon résultat. 

Durant cet atelier, il y a de nombreux points à aborder. Plus on est exhaustif, plus l’expérience sera “réaliste” et efficace :  

  1. Le contexte : il faut que l’IA comprenne dans quel contexte elle évolue, pays d’origine, entreprise etc.
  2. L’identité : nom, prénom, métier, expertise et niveau. Etc. 
  3. Spécificité du comportement du système : des phrases d’accueil, le fait de ne pas se présenter à chaque fois, des erreurs à éviter ou à présenter, des informations métiers spécifiques.
  4. Rédaction de scenario : on peut créer autant de scénarios que l’on veut à partir de vos contenus de formation. Par exemple, l’avatar peut incarner un client mécontent qui vient se plaindre du service de l’entreprise.

Si l’on connecte ces technologies à un système de data (base de données, datalake) et à des systèmes d’analyse, on peut créer l’outil le plus performant d’adaptive learning avec un vrai système de mémoire.

4. Système de mémoire & analyse = adaptive learning

Un autre gros point fort, c’est le système de mémoire. Eh oui, votre avatar peut avoir une mémoire. 

Lorsqu’un apprenant interagit avec un avatar, on passera obligatoirement par du texte tapé via un clavier ou de la retranscription de l’oral via un micro. 

Ainsi, tous les échanges avec l’avatar sont sauvegardés dans une base de données. C’est sa mémoire.

Si l’on combine cette mémoire avec des outils d’analyses, via du machine learning par exemple, on obtient alors le plus puissant système d’adaptive learning.

Pour illustrer mon propos, revenons à mon formateur virtuel. S’il incarne un professeur d’anglais, il se souviendra des fautes de syntaxe, de grammaire ou de vocabulaire que vous avez fait lors de vos précédentes conversations. Il pourra donc vous proposer des exercices pour améliorer vos points faibles spécifiquement.

Et c’est ce qu’on a fait pour EdaiLabs avec le projet bud.ai


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Découvrez Bud.ai

Un professeur d’anglais virtuel avec qui entrainer votre expression orale et qui vous propose des exercices pour vous améliorer.

Rédigé par Olivier Heim

Après 6 ans passés aux manettes de 6freedom à concevoir +150 projets clients, je vous partage ma vision des technologies immersives et de l'IA avec une touche d'esprit critique. Toujours pas convaincu, écrivez sur Linkedin 👍